[INTERVIEW] Un café avec WALL OF DEATH

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Figure de proue du psych-rock en France, WALL OF DEATH a mis du temps à sortir son premier album. En attendant la sortie officielle de « Main Obsessions » le 19 novembre 2012, Room72 a interrogé les trois musiciens du groupe. Le trio composé de Gabriel, Brice et Adam s’est livré à nos questions. C’était un samedi matin, de ceux qui font un peu mal au crâne. Un de ceux qui accueillent à bras ouvert les cafés au bord d’une terrasse. (Photo : Gary Margerum)

Wall of Death est un groupe parisien, mais il me semble que ce n’est pas votre cas.

Adam (batterie) : Je suis le seul à venir de Paris.
Gabriel (chant et guitare) : Brice et moi, nous nous sommes rencontrés à Toulouse et on joue ensemble depuis 6 ou 7 ans. Par contre Wall of Death est un groupe qui doit avoir un peu plus de 2 ans.

On remarque que vous entretenez beaucoup de liens avec les Black Angels. Christian Bland et Alex Maas ont participé à l’enregistrement de votre album.

Gabriel : Ils sont venus faire des covers, on a enregistré avec Brett Orrison, leur ingé son.
Brice (chant et claviers) : Ils tenaient absolument à jouer sur le disque.
Gabriel : Christian voulait à tout prix faire des conneries avec sa guitare. C’est ce qu’il a fait d’ailleurs ; ce mec est un démon de la wha-wha.
Brice : Et Alex voulait chanter. Ce n’était pas prévu. Il a demandé, on a pas pu refuser.
Adam : Il chante sur « Heaven by the sun », et quelques choeurs aussi.
Gabriel : Il chante un couplet, puis moi un autre, et on alterne ainsi de suite. Il pousse également quelques cris sur « Tears of Rainbow ». Je me suis mis aux cris, mais comparé à lui, je suis complètement à la ramasse.

Comment les avez vous rencontrés ?

B : C’est venu après une première partie des Black Angels à Bruxelles sur leur tournée européenne. Ils ont vite accroché, ils nous ont dit : « les gars ils font qu’on bosse ensembles ». Mais sur le moment, rien de spécialement concret. On était très enthousiastes, mais généralement, on dit ça après une ou deux bières et rien ne se réalise vraiment. Ils nous ont appelés trois mois plus tard en nous proposant de faire la tournée européenne avec eux et d’ouvrir tous les soirs.
G : Au fur et à mesure de la tournée, ils nous ont d’abord proposé de venir à Austin où on a enregistré l’album, ensuite le produire, et au final de le sortir sur leur label.

En France, le disque sort sur Born Bad.

G : Oui, c’est Manu le bassiste de Frustration qui nous avait vu à la Mécanique Ondulatoire. Il venait à tous nous concerts. Il en à parlé à JB de Born Bad. Après nous avoir vu jouer, il a dit « Banco » ! Donc un grand merci Manu ! Et JB est un mec en or, il bosse comme un damné, bien rigoureux. C’est rare dans ce milieu.

Sort-il aussi aux USA ?

A : Oui, mais ce sera en janvier prochain.
G : C’est une super opportunité pour nous. Il sort sur Reverberation Appreciation Society, le label de Christian Bland. On espère tourner aux Etats-Unis, ça nous fait une chouette visibilité. La dernière fois que nous sommes allés aux USA, on a eu la possibilité de jouer avec tous les groupes qui gravitent autour des Black Angels comme le Brian Jonestown Massacre, Spindrift, et d’autres gens hyper talentueux et surtout hyper sympas. C’est incroyable de voir à quel point toutes ces personnes sont cools. Tu arrives dans n’importe quelle ville et ils t’invitent chez eux, ils te font rentrer dans leur studio. Tu hallucines grave de toute cette gentillesse !
B : C’est incroyable, beaucoup avaient entendu ce qu’on faisait et étaient super accueillant
G : C’est tellement un petit microcosme la musique psyché que les mecs ont appris à bosser entre eux, à se filer des coups de mains.
B : Nous sommes arrivés au Austin Psych Fest sans trop de matos, juste une gratte et un petit synthé, et tout nous a été prêté. Des claviers m’ont été passés par Rob du BJM en me disant : « Ah vous jouez après ? Vas-y, prends tout ce que tu veux ». Christian Bland m’a amené l’orgue et ils m’ont tout branché sur scène. Il y a une vrai entraide.

Sur scène, on assiste à un véritable déballage de matos vintage. Quelle importance les instruments vintage ont-ils dans le groupe ?

G : Vintage ou pas, c’est surtout le matériel qui sonne bien qui nous intéresse.
B : C’est avant tout une recherche sonore.
G : Tu sais qu’une Fender Twin des 70’s coûte surtout bien moins cher que le même neuf. Et en plus, il sonne mieux.
B : C’est sur que ça commence à nous faire des kilos de matos. Surtout qu’on a un nouveau piano électrique. C’est un peu stressant tout ces mécanismes, on a eu quelques pépins.
A : Rien que la semaine dernière, on a fait deux allers-retour chez un réparateur en une journée pour fixer un problème sur l’orgue.
G : Il nous a conseillé de tout avoir en double pour pallier à toute éventualité en tournée. Déjà qu’on se saigne pour en acheter un, on se double saigne à le porter, si en plus on recommence, on en finira jamais.

L’artwork de l’album est particulièrement travaillé ? Est-ce l’un d’entre vous qui l’a réalisé ?

A : C’est Gabriel qui s’en est occupé.
G : Oui, ce sont que des photos de la tournée aux USA que Brice et Adam ont prises avec leur téléphone. On a L.A, le Texas, le Grand Canyon, l’Arizona…
B : Après avoir enregistré à Austin, on en a profité pour réaliser un mini-tournée aux USA.
G : Sur le EP 45 tours, c’est la même idée, mais qu’avec des photos d’Austin. On les avait prises lorsque nous étions allés enregistrer la première fois là bas.

Il est marqué sur la sleeve interne qu’on peut découper la pochette pour en obtenir une alternative ?

A : La sleeve interne est en plusieurs couleurs. Alors tu peux choisir si tu désires voir la fleur en bleu ou en rouge.

Gabriel, tu joues aussi du violoncelle sur l’album?

G : Oui, sur « Main obsession », au début le synthé commence avec un gros tremolo et derrière la même note est tenue au violoncelle tout le long du morceau. Le côté râpeux de l’archet se marrie très bien avec les claviers. Et puis sur « Tears of Rainbow », sur le refrain, il y a un subtil passage, il faut un peu tendre l’oreille.

Il n’y a pas de guitare basse chez vous. C’est un choix volontaire?

B : Avec le synthé, il est possible d’obtenir des basses hyper graves, un truc de malade. Et aussi avec l’ampli basse de Gabriel.
G : Brice à de bonnes grosses infra-basses. Moi je joue dans les deux registres. Et ça se complète assez bien, car j’ai moins de graves, mais plus d’attaque avec les cordes de guitare. En gros, le clavier donne le volume sonore, et moi le mordant.

Quels sont vos projets immédiats, dans les semaines à venir?

B : On va participer à une belle tournée en Europe avec Singapore Sling.
A : Et aussi avec The Lucid Dream. Une compil va sortir sur Reverberation Appreciation Society, aux USA et un label norvégien qui s’appelle Fuzz Club. Il y aura que des groupes de psyché européen dessus, dont nous. Et on tourne pour soutenir la sortie de ce disque. La date à Paris c’est le 15 novembre à Glazart.
G : Ah oui, et on a aussi un super clip qui va sortir, par les mecs de Tracks et de The Drone. Ils nous ont fait un clip taré dans le wall of death qui a servi pendant le tournage des 400 coups de Truffaut. C’est comme une machine à laver qui tourne à Mach.2 et tu es littéralement projeté contre les parois.
B : Le sol se dérobe sous toi, il est presque impossible de bouger tellement on est plaqués. Le moindre mouvement et un véritable effort. On peut se mettre la tête en bas. Trop cool quoi.

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