Rock psyché, nems et SUDDEN DEATH OF STARS.

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Il y a quelques semaines, je reçois une invitation pour aller voir un concert à « La Méca ». Et tout de suite, je tique sur le groupe de première partie : des Rennais qui jouent un rock psyché influencé par les Brian Jonestown Massacre et autres. Un coup d’œil sur leur Bandcamp plus tard, et je me dis : comment n’ai-je pas entendu parler de ce groupe avant ? Conséquence : il me faut absolument parler d’eux sur Room72, car ils le méritent très largement. C’est dans un resto chinois du 11ème arrondissement de Paris qu’on rencontre SUDDEN DEATH OF STARS avant leur très cool concert du 7 novembre à La Mécanique OndulatoirePhoto : Mr Moustache

Je vous conseille très vivement d’écouter leur album tout en lisant cette interview. D’ailleurs, lors des balances, je croise Brice des Wall of Death qui me glisse dans l’oreille : « je n’ai jamais entendu un groupe sonner aussi bien à la Méca ».

Pouvez-vous présenter le groupe ?

Kevin (guitares/chant) : On a commencé Sudden Death of Stars début 2009, en formule assez classique avec deux guitares, basse, orgue et batterie. Sur les enregistrements, on jouait souvent du tambourin, alors on a demandé à une copine de jouer avec nous. Mais Constance n’est pas avec nous sur la tournée. Puis en studio, Goulwen voulait ajouter du sitar sur un morceau. On a fait appel à Joachim. Ça l’a vraiment fait, et depuis on joue à sept. Joachim joue avec nous en live, et on essaie de mettre de plus en plus de sitar.
Joachim (sitar) : Le problème du sitar, c’est qu’on le fait sonner sur un bourdon de ré. Et on ne peut pas trop changer cette tonalité. Je joue donc sur tous les morceaux en ré. Mais je vais sûrement découvrir des astuces pour jouer dans d’autres tonalités.

Est-ce dur de tourner à sept ?

Xavier (batterie) : Logistiquement, on s’arrange au mieux, on essaie de prendre des vacances au même moment. Après, financièrement, ça peut nous poser problème pour tout ce qui est location de camion, hébergement… Globalement, pour l’instant, on s’en tire assez bien.

Vous avez des instruments un peu originaux (guitare 12 cordes, orgue, tambourin). Est-ce important pour vous d’intégrer des instruments originaux ?

Kevin : Non, pas forcément pour sonner original, sinon on sortirait plein de chinoiseries. Il y a juste des sonorités qu’on désire avoir.
Valentin (orgue/synthé/chant) : Au final, ce n’est pas vraiment original d’avoir ces instruments. C’est presque ce qu’il y a de plus conformiste dans le style de musique qu’on joue.
Xavier : Ce sont des sons qu’on a toujours aimés. Ça fait longtemps que je joue avec Kevin, et la 12 cordes est un truc qui lui a toujours plu. C’est normal qu’on ait intégré cet instrument dans notre registre.

Votre artwork d’album est particulièrement réussi. Où avez vous trouvé cette photo ?

Valentin : Je l’ai trouvé dans les poubelles, à la fin d’une braderie à Rennes. Il y avait cette photo imprimée sur un bout de balsa assez grand. D’ailleurs la pochette de l’album n’est qu’un détail de la photo. Si je me souviens bien, c’est une photo du générateur de la centrale électrique de Mordinet.
Antoine (bassiste sur la tournée) : Tu sais où c’est ce truc ?
Valentin : Non, je n’ai pas réussi à retrouver. Je parie que la ville a disparu avec l’explosion de sa centrale (rires).

 

Comment en êtes-vous venus à signer chez Close Up records ?

Xavier : On avait enregistré plusieurs morceaux et on en avait choisi 3 pour faire un simple en 45 tours vinyle donc on cherchait un label, c’était l’époque de Myspace, on a fouillé sur les pages des groupes et on a contacté plusieurs labels, puis on a reçu une réponse positive d’Olivier, le patron de Close Up.  On lui a fait écouter les morceaux, il a carrément aimé. Il ne voulait pas sortir n’importe quel morceau mais en fait on l’a un peu pris en otage car la laque qui sert de modèle pour les vinyles étaient déjà prête et attendait dans mon frigo (oui, pour l’anecdote il faut faire cela pour conserver en bon état une laque !). On a fait réécouter les morceaux à Olivier, et il a dit bingo ! Là on prépare un deuxième album. On ne sait pas encore ce qu’il va en advenir, mais Olivier semble complètement partant.

Vous allez encore enregistrer au studio de Fred des Bikini Machine ?

Kévin : Oui, on connaît bien Fred, le chanteur/batteur des Bikini Machine et des Spadassins. Au début, on a enregistré chez lui pour les tarifs assez proches de notre budget. Il avait du matos qui nous plaisait : on enregistre sur bandes, mixé sur console analogique. On avait pas envie de sonner fade, numérique, avec un son qu’on entend partout. Fred gérait ça parfaitement avec ses groupes de punk quand il était jeune. Il a parfaitement capté ce qu’on voulait. Je pense qu’on va y aller à chaque fois qu’on voudra enregistrer.
Xavier : Il y a aussi un truc très très cool chez Fred, c’est que ce n’est pas un ingé son. Il n’est pas tatillon, il ne va pas t’imposer une méthode d’enregistrement qui prend du temps. Or, nous n’avons ni la disponibilité, ni les moyens de rester huit semaines en studio. Nous arrivons dans le studio avec nos morceaux finis, il comprend nos attentes. Il prodigue deux trois conseils sans nous imposer de technique particulière. On met un micro devant l’ampli et ça roule. Tout le monde s’accorde à dire qu’on sonne bien, alors pourquoi changer de recette ?

Vous avez une politique de diffusion très contemporaine, en proposant des MP3 gratuitement via Bandcamp, et ne sortir que du vinyle, mais payant cette fois. Est-ce votre décision, ou celle du label ?

Xavier : Non, c’est notre choix. Mais le label est complètement d’accord avec ce procédé. Pour nous, c’est impossible de faire payer pour de l’immatériel. Surtout quand à côté, on propose un bel objet. Et raison spécifique supplémentaire, notre mastering est réalisé dans l’optique de sortir un vinyle. Le mastering n’est pas le même pour un CD que pour un vinyle. Ce qu’on propose sur le net, ce sont juste des mix, pas des morceaux masterisés. On ne se voyait pas faire payer pour des morceaux non masterisés. Si tu as un de nos morceaux dans ton iTunes après un morceau des Black Lips par exemple, les niveaux de nos morceaux seront beaucoup plus faibles. D’un autre côté, quand je regarde le nombre de téléchargements, je me dis que si on nous donnait juste 1 euro par téléchargement, le groupe serait un peu riche…

Pensez vous qu’en France émerge une scène néo-psyché, avec des groupes tel que Wall of Death, Dalaï Lama Rama Fa Fa Fa, Blondi’s Salvation ?

Xavier : On a des contacts car on a joué avec la plupart d’entre eux. Mais de là à parler de « scène », je ne sais pas. Les Blondi’s Salvation le désirent, ils fédèrent un maximum de monde autour de leur French Reverb Church. En tout cas pour moi, je me sens plus dans une scène globale de petits groupes français qui font leur musique sans compromis. Ça pourrait être du ska, du garage, du punk… Je me sens plus là dedans que dans une scène psyché française. On verra dans quelques années comment ça évolue.

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