SUICIDAL TENDENCIES + THE INSPECTOR CLUZO @ Krakatoa (Bordeaux, 25.10.14)

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What a night… WHAT-A-NIGHT !!! La grande tournée française de SUICIDAL TENDENCIES ne pouvait éviter le Sud-Ouest, et c’est devant un Krakatoa plein à exploser que les suicyco muthafuckas de Venice Beach ont joué vendredi soir. La Cyco Family a mis le feu à Bordeaux avec une énergie plus folle que certains groupes rock de vingt piges de moins. Bottage de fesses il y a eu aussi, grâce à nos rockeurs grandes gueules préférés : THE INSPECTOR CLUZO. Une seule chose à vous dire : si vous avez raté ça, vous pouvez commencer à vous auto-flageller dès maintenant, car c’était le show rock le plus dingue que Bordeaux ait connu cette année. Cyco.

THE INSPECTOR CLUZO (site officielFacebook)

(Pour comprendre un peu de quoi il retourne au sujet de ce power duo montois, je vous conseille de jeter un coup d’oeil vite fait à cette interview réalisée avec le groupe il y a un an et demi) Après une intro un peu funky, les deux mousquetaires entrent en scène. Il y a sûrement quelques fins connaisseurs dans la salle, mais globalement, il semblerait que la population (exagérément) virile de ce soir découvre TIC. Voyant que le public reste pantois face à leur puissant combo de hard rock, de punk, de funk et de rhythm’n’blues, notre frontman chevelu hurle : « les métalleux, c’est vraiment de la merde » suivi d’un « sortez vous les doigts du cul, bande de merdes ! ». On dirait que Malcolm sait exactement comment parler aux métalleux, car peu à peu, les cous se délient, et les premiers verres se lèvent en l’honneur du groupe. En plus d’envoyer un rock puissant et bourré de groove (je rappelle qu’ils n’ont pas de bassiste, parce que merde, ils boycottent les bassistes du monde entier), The Inspector Cluzo font preuve d’un humour bien landais, et contrairement à bien des groupes : ils n’oublient pas leur public. Et on ne va pas le leur reprocher, car c’est PUTAIN DE VIVANT.

Après une sensuelle démonstration de danse par le batteur, le groupe repart de plus belle, et Malcolm de nous envoyer sa plus belle voix aigüe (quelque part entre Brian Johnson et La Callas) dans les oreilles. Ah ça, ils ont de la ressource ! « On vous adore les Bordelais, mais vous savez comment ou vous appelle… les doriphores« . Entre deux missives rock’n’roll, Malcolm décide de faire monter un sosie de Mike Muir et une demoiselle du public sur scène, et part dans un jam soul, tandis que Phil va danser avec l’un et l’autre. On se marre comme des gamins, parce qu’une spontanéité comme celle-là, ça doit faire des lustres qu’on en a pas vu sur une si grande scène. Le set se termine sur un morceau rock explosif dont j’ignore le nom et une fosse qui ENFIN, se « sort les doigts du cul« . The Inspector Cluzo nous saluent par quelques mots en gascon, dont la sincérité est plus que palpable. Merci, merci, MERCI les gars. Adishatz et à très vite !

Inspector-Cluzo-Bordeaux-

SUICIDAL TENDENCIES (site officiel – Facebook)

Le gigantesque backdrop ST orne enfin la scène. 22h15, les Suicidal débarquent devant un Krakatoa plein à craquer. 22h16, le cultissime « You Can’t Bring Me Down » est envoyé à fond dans nos oreilles et déjà, le coeur de la fosse devient fou. C’est largement plus calme sur les côtés, mais Mike Muir n’épargne personne et arpente la scène jusqu’au moindre millimètre, impossible donc de le louper. Non seulement le frontman a perdu du poids, mais il est dans une forme olympique, et le sourire ne le quitte pas ! Les classiques s’enchaînent, et le public réagit au quart de tour, tout le monde connaît les lyrics dans la fosse : « Institutionalized », « Cyco Vision », « War Inside My Head »… Plus le show avance, plus la folie se propage, jusqu’au moment où Tim « Tiiiimmyyyyy » Williams nous annonce qu’il veut voir une « mer de slam » et qu’il va descendre dans la fosse. Le bonhomme s’exécute, les fans s’écartent et le nouveau morceau « Slam City » (pour lequel le groupe a tourné un clip le matin même, et filme encore ce soir) est lancé. Un immense circle pit se forme alors autour du balèze bassiste… Un circle pit/tornade de deux minutes trente. Intense.

Suicidal-Tendencies-Bordeaux-3

La fureur ST est palpable, et autant j’ai toujours vraiment adoré leur musique, autant le fait de la prendre en pleine face (pour la première fois) ce soir me fait me rendre compte à quel point leur melting pot de hardcore, de groove, de thrash et de heavy metal a tout du crossover parfait. Et jamais je n’aurais cru que les voir en live soit une expérience aussi grisante, conviviale et familiale : non seulement les zikos communiquent avec le public, Mike Muir est un frontman au charisme monstrueux, mais on sent vraiment que ces gars sont là pour PARTAGER quelque chose. Les discours de Mike entre les morceaux sonnent tout sauf faux, y’a même de la citation culte dans l’air. Ce mec est un tueur.

Je savais que Suicidal Tendencies aimaient faire monter leurs fans sur scène pendant les concerts, et c’est d’ailleurs pour ça que les caissons de basse de la salle ont tous été rassemblées devant la scène pour permettre aux gens d’accéder plus rapidement à la scène (et éviter les gros vautrages lors des slams). Après un superbe speech de Muir sur le skate, tout le monde prend d’assaut la scène au son de « Possessed to Skate ». Le scénario se répète sur un autre morceau, ainsi que « How Will I Laugh Tomorrow », qui cloture le set. Enfin… Jusqu’à ce que le très gros batteur Eric Moore tape un solo digne des tambours du Bronx, et que, en guise de rappel, le guitariste solo Dean Pleasants joue deux de ses morceaux accompagnés d’un autre bassiste. Au final, la seule déception de cette soirée est de ne pas avoir eu droit à un morceau d’Infectious Grooves (un petit « Violent & Funky pour la forme ?) en final. Mais on repart euphoriques de ce concert culte, encore plus cycos qu’avant. Merci, merci, MERCI Suicidal Tendencies pour tout l’amour que vous nous avez donné ce soir.