FOALS + EVERYTHING EVERYTHING @ Le Rocher de Palmer (Cenon 02.11.2013)

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On nous promettait le meilleur concert de cette fin d’année, on nous rappelait les deux fois où ils avaient rameuté le public bordelais : Foals était en concert au Rocher, un moment d’énergie pure qui a tenu toutes ses promesses.

Arrivés une demi-heure avant le début, on croise déjà pas mal de monde en train de composer leur setlist de rêve. On entre dans la belle salle du Rocher, qui nous révèle une scène bondée de guitares, claviers, spotlights et autres, c’est à peine s’il y a de la place pour bouger. Le matos de la première partie est en place, le temps pour les techniciens de checker et les lumières s’éteignent à 20h30 pétantes. EVERYTHING EVERYTHING, from Manchester, se ramène. Presque plus impatients à l’idée de les voir eux que Foals, on se laisse littéralement soulever par le falsetto du chanteur et leurs ambiances électronico-oniriques. Après un « Photoshop Handsome » plein d’énergie pour bien commencer, ils proposent un set équitablement partagé entre des titres de leur premier album (Man Alive, 2010) et de l’excellente dernière livraison (Arc, 2013). Enthousiaste, la majorité des personnes aux alentours lancent un « ah oui, ça je connais » quand résonnent les premières notes de « Cough Cough ». Au passage, ils nous jouent un des morceaux que l’on préfère : « Radiant », une sorte de croisement r’n’b, pop, dopé à la sauce planante et au riff qui sonne Asie orientale. On espère qu’ils vont repasser par chez nous pour en entendre plus, parce que c’est toujours un peu frustrant d’apprécier une première partie, ça ne dure jamais assez longtemps.

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Cela dit, le set des Foals n’est que deux fois plus long… Oui, le seul et unique bémol de la soirée qui reste sur les lèvres de tous ceux que l’on a croisé en se dirigeant vers la sortie : « c’était court » (1h30 à peine en comptant les pauses; 1h10 de musique à tout casser). Court oui, mais Dieu que c’était intense : il suffisait de voir l’état des premiers rangs une fois les lumières rallumées. T-shirt rincés de sueur, chaussures pleines de poussière, le sol luisant. Pour sûr, ça a remué, et pas qu’un peu.

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Pour parler un peu de la performance de Foals, peu de choses à dire pour résumer si ce n’est que c’est, de loin, une des meilleures représentations parmi les deux précédentes qu’ils donnèrent chez nous. Tout y est : un jeu de lumières superbe, le son parfaitement maîtrisé qui permet de ne pas avoir l’air ridicule avec des boules Quiès fluo et malgré ça, de ne pas  sortir avec des acouphènes. Derrière la batterie se dresse l’imposante et esthétique bannière « Cobra » conçue par Leif Podhajsky, designer graphique australien qui est à l’origine de la pochette d’Holy Fire.

Bref, le temps de débarrasser la scène du matériel de la première partie, de ravitailler en eau (et autres), d’accorder cent trente fois les même guitares, on attend que les lumières s’éteignent. C’est long. Heureusement que le mec avec son caddie remplit de packs d’eau et de bière fait un peu son show sur scène. Ça y est, la salle s’assombrit, on est presque devant, « Prelude » ouvre naturellement le bal. Ça flashe de partout, le groupe entre en scène, on est dans un registre planant, toujours presque devant, puis pendant 30 secondes, gros riff de guitare. On n’est plus devant. 

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Le début du set est déjà dopé d’énergie avec « Balloons » et le Curesque « Miami » (que l’on n’attendait pas si tôt) et qui attise encore un peu plus le feu. d Les autres instruments s’y mettent et « My number » nous rappelle un peu plus que ce soir, il va être dangereux de ne pas suivre le mouvement des pogos. On arrive déjà à la moitié du concert, « Blue Blood » et « Bad Habit » calment passablement l’assemblée, à peine le temps de respirer et la vitaminée « Providence » s’impose comme un hymne : « I know, I cannot be true, I’m an animal just like you« . La force de Foals est d’allier la douceur mélodique et, d’un coup d’un seul, de lâcher des instants de pure folie, comme s’il évacuaient un trop plein d’énergie. Yanis, le chanteur-guitariste, l’a prouvé par deux fois dans la soirée en improvisant un stage diving pour finir son solo porté à bout de bras par des fans absolument hors d’eux ; une seconde fois pendant le rappel quand il est allé faire son petit tout de la salle, comme ça, pépère, avant de venir exploser sur scène.

Les deux derniers morceaux du set, avant le rappel, sont déjà là : « Spanish Sahara » et « Red Socks Pugie », sans doute celles que l’on préfère. La première laisse d’abord présager quelques minutes de calme mais on avait un peu oublié la fin… On n’aurait pas dû, parce qu’après le calme, la tempête ; et « Red Socks Pugie » de venir enfoncer le clou :  « Oh Hell no, these vessels, our heart swells up these vessels, these heart swells up which make us explode« . Ça passe. Onzième morceau, on est déjà au rappel, tout va bien. « Hummer » lance la course puis vient « Inhaler » mélange de mélodie et de fureur énergique absolument inégalable. « Two Steps, Twice » achève les premiers rangs avant que le groupe remercie Bordeaux, nous assurant d’avoir été le meilleur public français. Non, on ne veut pas se dire qu’il répète ça où qu’il aille, non. 

On a eu la chance d’assister à un des concerts – si ce n’est le concert – de l’année à Bordeaux. Une des têtes d’affiche de la programmation 2013 du Rocher qui n’a pas déçu nos attentes, on s’en souviendra encore et on attend la prochaine. Et cette fois, ils auront intérêt à jouer « Cassius ».