Allah-Las @ I.boat (29/10/2014)

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Après sa petite fermeture estivale, l’Iboat continue de cartonner cet automne : ce mercredi, le bateau accueillait l’un des concerts les plus attendus de ce mois d’octobre avec la venue des Allah-Las, quatre ex-disquaires californiens à la collection de vinyles particulièrement bien fournie en sonorités sixties. Pas de chance pour ceux qui sont venus dans l’espoir d’acheter des places au guichet : le bateau s’affiche complet.

 

Un tout petit effroi nous traverse à l’approche de l’Iboat, en entendant des applaudissements énergiques. Merde alors ! Ils n’ont pas déjà commencé, quand même ? Bah non, c’est la soirée Super Lotto qui rencontre un vif succès à l’étage supérieur. Là aussi la salle est bondée, et la compétition commence à chauffer les esprits.

Entre temps, dans la cale, les lumières se baissent et la machine fumigène bat son plein : The Allah-Las montent sur scène, sans manières, et se lancent directement dans le premier d’une série de morceaux instrumentaux qui rythmeront leur set. Une entrée plutôt discrète qui correspond bien à leur approche – autant musicale que visuelle – imbue d’une certaine insouciance west coast.

Allah-Las-08Ce soir le son est d’une clarté exemplaire, qui permet aux guitaristes de briller en exposant les piliers du style Allah-Las : ces mélodies simplistes mais envoûtantes, entrelacées avec précision et enrobées d’une bonne grosse dose de reverb. C’est un style minutieux qui affiche sans complexes son allégeance au mythe des 60’s, et plus spécifiquement une vision de la Californie ensoleillée et commençant tout juste à flirter avec le psychédélisme. En effet la reverb est omniprésent ce soir, au point où les rares paroles que le chanteur Miles Michaud offre au public entre les chansons ressemblent plutôt aux cris étouffés d’un homme coincé au fond d’un puits.

Le son est donc impeccable à un détail près : un manque de volume assez prononcé, qui laisse s’infiltrer quelques éclats d’exubérance venus du pont supérieur. Quelqu’un a dû gagner gros au Super Lotto. Ici, l’ambiance est beaucoup plus posée, et les Allah-Las continuent à reproduire les meilleurs morceaux de leurs deux albums avec une fidélité remarquable. Depuis la sortie de leur premier disque éponyme en 2012, les quatre garçons – rejoints ce soir par un percussionniste supplémentaire, bien caché derrière un rideau de fumée – ont enchaîné les tournées, devenant ainsi un groupe bien rôdé et indéniablement efficace. Néanmoins, l’accent mis sur la fidélité sonore laisse peu de place à la spontanéité du live, un manque exacerbé par un jeu scénique qu’on pourrait généreusement qualifier de minimaliste.

Allah-Las-06Naturellement les morceaux tirés du dernier album Worship the Sun occupent une grande partie du set, et les meilleurs d’entre eux, surtout « Follow You Down », sont bien accueillis. Mais ce sont les tubes du premier album, généralement plus énergétiques et donc plus adaptés à la scène, qui suscitent le plus grand enthousiasme de la foule. Ce n’est pas par hasard que le rappel commence par « Tell Me What’s On Your Mind », moment fort de ce premier disque. Professionnalisme oblige, ils ont gardé le meilleur pour la fin.

À en juger par la réaction dans la salle, la nostalgie bien soignée des Allah-Las n’a pas fini de séduire le public bordelais. Mais pour la prochaine fois, il faudra quand même penser à augmenter le niveau d’animation scénique, du moins s’ils espèrent rivaliser avec le Lotto.