Rencontre avec Haze Lane

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En vue de la première soirée Midnight Jam organisée par HOLLOW NATIONS® et nous-même, nous avons eu l’envie de faire la lumière sur l’un des artistes invités, Haze Lane , qui nous a offert un super mix pour Noël et vient également de sortir son nouvel E.P. « Too High To Go Home » chez Raw Records. Donc voici ce qu’a donné notre entretien avec ce mystérieux DJ et producteur.

 

Tout d’abord, peux-tu te situer sur la scène bordelaise et définir le style que tu produis et joues?

HAZE LANE : Je suis arrivé sur la scène bordelaise il y a moins d’un an, en mixant lors des soirées Abstract Crafts qui concernent la Beat Scene. Cependant, c’était un peu difficile au début, car je débarquais avec des sets un peu trop space pour la scène locale. Je commençais sur du Hip Hop / Bass music assez chill, pour finir sur des sons Juke et Jersey Club, très méconnus du public. Mais au final, tout le monde a l’air d’apprécier. Concernant la production, j’ai commencé il y a un peu plus de deux ans. Je gardais tout pour moi, mais l’an dernier j’ai décidé de trouver des labels (DamnSon ! et RAW Records) pour sortir des EP. Jusqu’à présent je produisais des sons Abstract et Jersey assez planants, des rythmiques Hip Hop sur des textures et des mélodies cotonneuses. Récemment, j’ai évolué et je suis en train de travailler des sons beaucoup plus durs et sombres, toujours dans la grande famille de la Beat Scene. Mais ça, c’est pour les mois à venir.

Qui est Haze Lane et pourquoi avoir changé ton nom de scène?

Haze Lane est mon projet de Future Beats, anciennement sous le nom de Ghost Town. J’ai changé pour une simple raison. Le premier blaze était trop générique, il y a déjà pas mal de Ghost Town existants. Au départ, je m’en fichais jusqu’à ce qu’un blog assez important parle de moi et mette en lien Soundcloud celui d’un groupe de métal/émo sans avoir vérifié. Là j’ai pris conscience qu’il fallait changer. Haze Lane garde toujours cette idée de ruelle brumeuse et fantomatique. J’ai toujours l’impression d’être dans une dimension où le temps s’est arrêté, où l’on est coupé du monde.

Ton E.P. “Too High To Go Home” est ton second projet solo, quelle est son histoire?

Oui, Too High To Go Home est mon deuxième EP Solo. Il est encré dans le style que je produisais jusqu’à présent. Je créais des sons aériens, comme une façon de dédramatiser un état de dépression permanent, comme une manière de guérir un certain mal être. Je retranscrivais de façon chill mon quotidien. Mais après cette deuxième release, mon registre va évoluer, comme je l’ai dit plus haut. J’ai besoin d’explorer une facette plus violente de la Beat Scene pour exprimer ce que je vis vraiment d’une manière plus directe, ce qui me ressemblera beaucoup plus au final.

Quels sont pour toi les 3 artistes/albums qui définissent le plus le style dans lequel tu évolues?

C’est assez difficile de répondre à cette question, je n’ai pas assez de recul. Jusqu’à présent (donc concernant l’aspect chill), je peux quand même dire que j’ai été influencé par des artistes comme Evil Needle, Mister Lies, et Sinjin Hawke.

Ton opinion sur la préservation de l’héritage culturel du courant musical qui est le tien?

Pour préserver mon style, il n’y a pas de secret. Il faut faire de la production et signer sur des labels. Mixer en soirée, c’est très bien, c’est vivant, le public est immergé dans cet univers, mais ça ne suffit pas. Avoir du matériel de Dj et passer du son ne permet pas de maintenir un style musical en l’état. Il faut lui rendre honneur en créant et en proposant de la matière originale pour s’imposer et laisser une trace.

Ton petit classement des tracks à jouer absolument quand on n’a pas le moral?

Difficile de choisir, et puis ça dépend. Parfois, on quand on a pas le moral, on a besoin de sons plutôt down histoire d’un peu plus s’enfoncer. Dans ce cas, je conseille :

  • Burial – Rival Dealer EP
  • James Blake – Retrograde
  • Jeremih – Fuck You All The Time (Shlohmo remix)

Après, si on a envie d’aller mieux, il faut écouter :

  • Dj Khaled – I’m On One (Sinjin Hawke remix)
  • Brenmar X Dj Sliink – Bait
  • Flying Lotus – Coronus The Terminator

Décris ta vision de la scène bordelaise, ses mouvements et événements dans le présent et un futur proche?

Bordeaux est une ville qui ne bouge pas assez selon moi. Et concernant la Beat Scene et la Bass music au sens général, on est quasiment au point mort. Il y a certes des collectifs qui heureusement sont là pour enfin proposer quelque chose (comme Abstract Crafts, BMS, et bientôt Midnight Jam), mais c’est difficile. Pour comprendre, il suffit de se rappeler la soirée finale organisée par Echo A Venir, en septembre dernier, qui a fait jouer Ras G, Low Leaf, Free The Robots et Zeroh. Superbe initiative, mais trop peu de public. On frise la survie. Pour moi, la France n’est pas un « pays musical », et en ce qui concerne les styles indépendants et émergeants, on se retrouve vite seul. Paris et Lyon sont des exceptions ; là-bas, on suit plutôt bien l’actualité. A Bordeaux (belle vitrine touristique, mais inculte musicalement parlant), il va falloir se battre.

Ton mot du jour?

Ne jamais lâcher l’affaire.

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